Histoires : un peu de magie au boulot !

Blagues pertinentes

Clarke Ching est un garçon malicieux. Il aime bien raconter des histoires et faire rire l’auditoire. L’histoire qu’il nous raconte commence donc avec cette petite vidéo :

Et c’est aussi ce même Clarke Ching qui a écrit Rolling Rocks Downill :

Un livre qui parle d’agilité sans jamais dire le mot « Agile ». Parce que les histoires, c’est comme ça. Évocateur et subtil, étrange et malin. Plus efficace de raconter le petit Chaperon rouge que de faire une conférence sur la prudence aux enfants, pas vrai ?

Alors voilà, à l’occasion du Lean Kanban France 2016, Clarke nous raconte quelques histoires. Et comment il utilise des histoires pour donner à entendre des choses importantes dans ses actions de coaching. Il utilise des histoires, des « plaisanteries pertinentes », des anecdotes. Et ça me parle beaucoup, parce que les métaphores et les histoires, c’est aussi mon quotidien. Quand j’essaie d’aider l’Entreprise, coincée avec son projet-phare. Comme un chat d’ailleurs… dans les phares d’une voiture. Et que je constate ce sentiment d’urgence permanente qui débouche systématiquement sur les mêmes retards et grincements de dents. « Connaissez-vous l’histoire de ce célèbre coureur automobile anglais ? Quand on lui demande un conseil pour aller plus vite, pour être le premier sur la ligne d’arrivée, il répond : en fait j’ai toujours gagné mes courses quand je parvenais à suffisamment ralentir ». Pas la peine d’expliquer, le débat qui s’ensuit est généralement passionnant.

C’est peu de choses, une histoire. Et en même temps, que se passe-t-il quand on vous la raconte ? Clarke Ching le dit tout simplement. Les histoires sont des simulateurs de vol pour l ‘esprit. Des sortes de cheval de Troie, qui s’insinuent et ouvrent des portes. Et d’ailleurs, par quoi commence une exploration appréciative ? Des histoires. Parce que nous sommes faits de cela, bercés d’histoires depuis toujours. Et que, une histoire, c’est génératif. L’œuvre échappe à son auteur. L’histoire devient ce que votre auditoire en fait, et, dès qu’elle est formulée, elle fait voyager ceux qui l’entendent. Quand on je raconte un moment formidable de ma vie professionnelle, je revis ce moment, et la personne qui l’entend la vit également, à sa manière.

C’est pour cela que The Phoenix Project est si efficace. Un livre qui nous fait découvrir, comprendre, explorer par nous-même le « concept » de DevOps sans dire une seule fois le mot DevOps.

Histoires et magie

Et c’est aussi pour cela que nous utilisons des histoires utilisateurs pour « spécifier » en mode agile. Parce que une « User Story »  contient bien plus de choses à l’intérieur qu’une spécification formelle. Elle spécifie par l’exemple, elle décrit, elle raconte le résultat attendu, dans le monde réel. Simplement. Et toute l’équipe voyage dans cette histoire pendant sa réalisation. L’histoire échappe à son auteur. L’équipe transpose l’histoire à sa manière, guidée par les critères d’acceptation et par les retours des clients lors des démonstrations. Mieux encore, l’histoire guide l’équipe dans ce chemin d’empathie qui fait les beaux projets. Une petite histoire de spécification ? Celle d’un élève de CP, qui va probablement se faire gronder parce qu’il répond ceci :

Combien d’enseignants prendront le temps de féliciter cet élève d’avoir si joliment interprété l’énoncé ?

Dans nos projets, la magie opère à l’inverse de cette spécification ambigüe. Parce que nous décrivons une situation très concrète, une mission que nos utilisateurs devront pouvoir réaliser, la réalisation s’oriente naturellement vers des solutions efficaces. Bien sûr il faut prendre un soin jaloux à identifier les critères d’acceptation qui permettront de tester l’ensemble. Ils sont un peu comme les péripéties du conte, ils éclairent certains aspects de la situation. Les personnages compte également beaucoup. En tant que Chaperon rouge, je n’utilise pas la page web comme le loup (petits exemples scolaires ici). Beaucoup de critères d’acceptation, plusieurs personnages centraux, c’est souvent plusieurs histoires qu’il faut découper. Mais au final le résultat c’est qu’on comprend sans (tout) analyser. Un développeur me disait « en fait, vu qu’on va faire une démo, on voit tout de suite si le client va s’y retrouver, raconte plus de choses que la spécification, finalement ». Magie ?

Une dernière petite histoire pour la route. Toute ressemblance avec une situation réelle serait purement fortuite (merci @AlexandreThib pour le partage).

Dilbert - Happyness Sweet Spot
Dilbert – Happyness Sweet Spot

Et vous, quelles sont vos plus belles histoires d’histoires ?

Vos métaphores ou blagues préférées qui font mouche et qui ouvrent des chemins ?

Des anecdotes, à propos de l’efficacité d’une histoire utilisateur par rapport à une spécification ?

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